Ce billet va être très court, l’idée est essentiellement de vous montrer une image. Il s’agit d’un graphique tiré d’une publication scientifique sur laquelle je suis tombé il y a quelques jours, et je l’ai trouvé extrêmement intéressant.

Ce graphique concerne l’inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES). A l’heure actuelle, le total des émissions annuelles mondiales de GES est estimé autour de 50 milliards de tonnes d’équivalent-CO2. Si vous devez retenir un ordre de grandeur, retenez ce chiffre : 50 giga-tonnes. Mais d’où proviennent ces émissions ? Comment se décompose ce total ?  C’est évidemment important de le savoir, si l’on veut s’attaquer à la réduction des émissions de GES, et savoir évaluer l’impact potentiel des mesures que l’on considère.

Là où ça devient compliqué, c’est qu’il existe différentes manières de décomposer cet inventaire de 50 Gt :

  • On peut raisonner sur l’énergie fossile impliquée : le pétrole est responsable d’environ 25% des émissions, le charbon 30%, le gaz naturel 15%, etc..
  • On peut aussi se placer du point de vue du secteur d’activité concerné : transport (18%), bâtiments (26%), industrie (33%), agriculture (22%).
  • Ou encore prendre la perspective de l’usage final : construction (15%), chauffage (10%), fret (9%), éclairage (3%), production de nourriture (30%), …

Il s’agit de différentes manières de décomposer l’inventaire des émissions de GES , et toutes sont intéressantes. Mais il n’est pas forcément simple d’avoir une vue globale.

C’est là qu’intervient le graphique dont je veux vous parler : il représente de différentes manières cet inventaire de 50 Gt, en montrant comment on passe de l’un à l’autre. Sans plus attendre, voici ce graphique : je l’uploade en haute résolution, donc si besoin cliquez dessus pour le voir de plus près

Chaque colonne représente une décomposition différente : par service rendu, par secteur, par type d’équipement, d’énergie finale, d’énergie fossile, et enfin par nature du gaz émis (il y a le CO2 bien sûr, mais aussi le méthane CH4, les gaz fluorés…c’est d’ailleurs pour ça qu’on évalue le total en « équivalent » CO2). Dans chaque colonne, le total doit en principe être égal à 50.6Gt d’équivalent CO2.

Je trouve ce graphique extrêmement intéressant pour avoir une meilleure perspective quantitative sur les émissions de GES. Et cela permet entre autres de raisonner sur les mesures de limitation. Par exemple si je dis « Il faut moins voyager », je raisonne sur le service final. Si je parle de prendre le train plutôt que la voiture, c’est plutôt l’équipement qui est concerné. Si je veux réduire le poids des voitures et améliorer le rendement des moteurs, on est plutôt sur le « device ». Et enfin si je veux faire des voitures photovoltaïques, sur la source d’énergie.

Je ne pense pas avoir fini d’explorer ce graphique, et je vous invite à y passer un peu de temps vous même, et à partager en commentaire ce que vous y avez découvert qui vous a surpris.

Quelques observations en ce qui me concerne :

  • On raisonne assez souvent uniquement sur « le CO2 des énergies fossiles ». Or le graphique montre qu’à la louche ça ne représente « que » 60% du problème. L’impact des autres GES et du CO2 « non-fossile » est loin d’être négligeable.
  • L’importance des émissions fugitives (colonne Final energy) : 3.2Gt. On parle en gros des fuites lors des processus d’extraction et de production d’énergie. C’est 3 fois le total du transport aérien !
  • Le « confort thermique » (5Gt dont 4 de chauffage et 1 de climatisation) que j’imaginais peser plus lourd dans le total.
  • « Washing » dont je n’imaginais pas que ça puisse faire autant (4.4 Gt)

Si vous êtes curieux, je vous invite à aller lire la publication d’origine, elle est en accès libre

Bajželj, B., Allwood, J. M., & Cullen, J. M. (2013). Designing climate change mitigation plans that add up. Environmental science & technology, 47(14), 8062-8069.

Vous y trouverez notamment une discussion des barres d’erreur. Produire de tels chiffres demande de compiler des données provenant de sources très hétérogènes, parfois contradictoires. Et certaines quantités sont donc estimées avec des incertitudes assez élevées (notamment par exemple les émissions de méthane et de gaz fluorés). En faisant rapidement la comparaison avec les chiffres du Working Group 3 du GIEC, on trouve ça et là de petites différences, mais rien d’énorme non plus. C’est d’ailleurs en lisant le rapport du WG3 que j’ai découvert cette publication !

35 Comments

  1. Alexis CASANOVA Reply

    Merci David pour ce partage, comme toujours c’est très intéressant!

    On a donc un moyen assez complet de se représenter les sources d’émissions de GES, et ça semble être un excellent outil pour de futures actions de planification contre le réchauffement global.

    En tout cas je trouve ça très inspirant pour essayer d’aller un peu plus loin dans la représentation des enjeux climatiques, et éviter de tomber dans le piège d’une vision exclusivement globaliste :

    – Pourquoi ne pas représenter les puits (ou ‘sinks’) actuels et/ou potentiels de GES de la même manière, notamment les forêts, les océans, etc…, et les mettre en relation avec les services (en grande partie gratuits) que ces milieux fournissent à l’humanité? Non pas que leur recensement doive donner bonne conscience pour émettre davantage de CO2, mais il me semble que la bonne gestion (active ou passive) de ces milieux ‘sinks’ est un levier puissant pour limiter l’impact des GES sur le moyen terme. Je trouve ça dommage des les masquer dans le bilan des ‘sources’.

    – J’ai le sentiment que la vision globaliste masque les injustices climatiques. Je suggérerai aux auteurs de refaire ce même graphe, mais décliné pour chaque continent par exemple (un graphe pour l’Afrique, un graphe pour l’Europe, etc…). On se rendrait alors compte que les pays développés sont le noeud du problème climatique et que le côté « contraignant » (s’il y en a un) de la planification écologique doit les concerner eux d’abord. On peut également faire le même exercice en déclinant ces graphes par tranche de revenus / richesses. On se rendrait alors compte que… etc…

    • Sur le premier point, oui en effet le graphique ne représente que les émissions « nettes », et donc il cache l’existence de puits (et des sources qui vont dedans). Je n’ai pas en tête de recensement de ça, mais je suis loin d’avoir fait le tour !

      Pour le second point, pour le coup c’est assez classique. Il y a beaucoup de graphiques de ce type dans le rapport WG3 du GIEC, qui décomposent les émissions par « catégories » de pays. (Ils ont une classification spécifique qu’ils utilisent tout du long) En voici une par exemple, mais il y en a plein d’autres : https://www.ipcc.ch/report/ar5/wg3/drivers-trends-and-mitigation/18_figure_5-18/

    • Bonjour,

      Je partage totalement votre avis, comme toujours la qualité des contenus proposés par David est excellente ! Bravo !

      Concernant votre première remarque, Le réveilleur a fait une série sur le cycle du carbone (2 ou 3 vidéos) qui pourraient s’avérer un bonne source pour répondre à votre interrogation.

      Sans aller dans autant de détail je pense néanmoins que ce graphique offre quelques perspectives par rapport aux « sources », même si ce n’est pas mis en avant.
      En effet, une « destruction de sources » est bien equivalent à une émission dans graphique.
      Bonjour,

      Je partage totalement votre avis, comme toujours la qualité des contenus proposés par David est excellente ! Bravo !

      Concernant votre première remarque, Le réveilleur a fait une série sur le cycle du carbone (2 ou 3 vidéos) qui pourraient s’avérer un bonne source pour répondre à votre interrogation.

      Sans aller dans autant de détail je pense néanmoins que ce graphique offre quelques perspectives par rapport aux « sources », même si ce n’est pas mis en avant.
      Si j’ai bien lu le graphique, une « destruction de sources » est bien equivalent à une émission.
      On le voit par exemple dans la colonne « process » avec, il me semble « land usage change » ou « nitrification » qui viennent perturber les services écologiques rendus (par les forêts par exemple) et vont donc augmenter les émissions avec cette convention.

      J’espère ne pas me tromper dans ce que je viens de mentionner, et si c’est le cas je serais ravi d’avoir des compléments.

  2. Bonjour David, j’adore vous lire mais lorsque les 2 de CO2 ne sont pas mis en indice, ça pique les yeux !

    • Personnellement, les indices me piquent moins les yeux que certains gaz …

  3. Juste une « info » sur l’importance des émissions fugitives, dans le cas particulier de l’exploitation du gaz de schiste :
    il n’y a pas que la fracturation hydraulique qui pose un problème environnemental dans cette exploitation. Le problème ou plutôt l’inconnu vient du fait qu’on extrait du méthane qui est un très efficace gaz à effet de serre. Avec un taux de fuite de 3% lors de l’extraction de ce gaz, de sa manipulation, de son transport… l’avantage d’utiliser du gaz par rapport au charbon disparaîtrait. Comme par hasard les taux de fuite seraient de 1,5 à 2%. Mais on trouve dans le rapport de l’AEA « Climate impact of potential shale gas production un the EU », issue 2, 30 juillet 2012, qu’il y a « un grand degré d’incertitude sur les données existantes permettant d’estimer les émissions fugitives de méthane lors de l’exploitation du gaz de schiste » et qu’il y a beaucoup de travail à faire dans ce domaine (page 114). Et il en rajoute une couche page 116 : « étant donné le grand degré d’incertitude évident dans la littérature US sur le sujet des données et des facteurs d’émission… ».
    Ce n’est donc pas une info en vérité, mais juste la constatation qu’il y a sans doute beaucoup de sous-estimation de ces fuites, au moins pour le gaz de schiste, surtout que c’est un sujet politiquement sensible, au moins aux USA.
    En tout cas, merci pour ce graphique, c’est puissant, reste à l’exploiter.

    • Bonjour.
      Merci David pour votre travail, toujours pointu, synthétique et pédaogique.

      @Patrice F.
      Je me souviens avoir lu il y a 5 ans dans une publication technique une estimation des fuites de gaz russe (méthane) sur toute la chaine de production/transport/distribution. C’était, de mémoire, 50G.m3/an, soit un peu moins de 10% de la production russe de l’époque (584 G.m3/an) et un peu plus que la consommation française (41 G.m3/an).
      Et je ne parle pas du méthane actuellement libéré par la fonte du permafrost.
      Paradoxalement, le gaz de schistes US m’inquiète moins car les fuites qui ne doivent pas manquer d’arriver sont quand même traitées (réduites et supprimées), étant donné que beaucoup des têtes de puits sont en zone urbaine et qu’après tout, cela fait des revenus en moins.

  4. Bon ben on elimine les centrales a charbon et on passe toutes les voitures et les trains en electriques et le probleme et resolu !

    • Patrice Faliph Reply

      Une électricité produite par des centrales au charbon ?

      • Malheureusement dans le monde le charbon reste la source principale de production d’énergie: 38% du total au niveau mondial.

        Source https://en.m.wikipedia.org/wiki/Electricity_generation

        Par ailleurs, en réponse au commentaire original, l’électrification ne peut être l’unique solution. A moins de ne plus rien manger (ne o’us manger de viande pour limiter les émissions de méthane, ne plus pa’ger de légumes pour éviter le changement d’usage des sols et la production d’engrais).

  5. Queffelec Laurent Reply

    Graphique très intéressant, merci.
    Il serait peut-être utile de donner en commentaire les informations concernant la « nocivité comparée » des différents GES. De mémoire, le protoxyde d’azote N2O est environ 300 fois plus nocif que le CO2, le méthane CH4 environ 20 fois, mais sa rémanence est sensiblement moins longue (une dizaine d’année contre une centaine pour les deux autres)…

  6. Bonjour David, bonne analyse et approche différente qui change du rabâchage médiatico-catastrophiste.
    Cependant permettez-moi trois remarques:
    – La photo représentant la condensation d’une centrale thermonucléaire qui n’est pas représentative, puisqu’il le contraste sur fond de ciel sombre, représentent de la vapeur d’eau et non du Carbone, bien que la vapeur d’eau soit le 1 er GES (GAIR), mais comme vous n’y faite pas référence, cela peut être confusant.
    – Vous avez omis de préciser que le 1er GES (appellation journaliste), qu’il y aurait lieu de nommer plus clairement GAIR (Gaz Absorbant les Infra Rouge) est la vapeur d’eau à env 72 %.
    – que le taux de C02 est de 0,04 %, soit un taux bas rarement atteint depuis l’origine de la terre. Il est important de préciser que le Carbone n’est aucunement un polluant, mais un fertilisant et que son doublement n’influencerait que de façon infinitésimal la température. . Merci. Bien cordialement.

    • Sans effet de serre dû à la vapeur d’eau, la température serait en dessous des -100°C. Ce qui compte ce sont les variations relatives. Et l’effet du CO2 est connu depuis Svante Arrhenius dans un article de 1896 : De l’influence de l’acide carbonique dans l’air sur la température au sol. Le doublement de ce gaz dans l’atmosphère amène le réchauffement actuel et la suite, soit juste quelques degrés… qui bouleversent tout. Pour plus de détails allez voir les cours de Jean-Marc Jancovici à l’école des Mines par exemple, c’est très bien fait : tapez « Cours Mines Paris Tech juin 2019 ».

  7. merci pour cette belle usine à gaz à effet de serre
    Un détail. J’ai pas réussi à ouvrir le schéma : C’est moi ou la page?

  8. Merci David. Le titre devrait être :
    D’où viennent les émissions de gaz à effet de serre anthropique.

    Et il serait bon de parler de l’ensemble des gas à effet de serre et de ce que représente la part anthropique. En sachant que la vapeur d eau c est 72% de l effet de serre mais qu on peut en imputer une partie aux agissements humains…

    Xavier

    • Patrice Blais Reply

      Voilà le commentaire que je désirais émettre.
      Le titre et l’article tendent à résumer l’apport en ges exclusivement à l’activité humaine. Il serait plus exacte de dire « Quelle est la proportion des ges issue de l’activité humaine » et y ajouter la part estimé des ges d’origine naturelle est fondamentale pour énoncer: « D’où viennent les émissions de gaz à effet de serre ? » sous entendu la totalité des ges.

      Ce que je trouve dommage car ici c’est comme si il était voulu de ne pas en faire la distinction, que l’ont désire tellement attribuer tout le tors à l’activité humaine qu’on en oubli de faire une telle distinction. Par exemple seulement pour le CO2, quel serait la proportion apporté par les feux de forêts, et encore distinguer la part d’origine naturelle et humaine, puis les volcans aussi sont une importante source de CO2 et j’imagine plusieurs autres gaz.

      Ceci dit je ne remet pas en doute l’influence de l’activité humaine sur le climat (mais ou la polution peut-être un problème du moins autant préoccupant) mais l’honnêteté intellectuelle et l’indépendance des intervenants dans ce débat « brûlant » d’actualité.

  9. Bonjour , et merci pour ce beau Sankey_schéma ; 17000 taupins travaillent en Tipe ~autour de ce sujet 2021: sc & techno versus social change . Merci pour eux .
    Une rapide recherche pour lire du Allwood & Cullen m’ a conduit à ceci : https://www.mcgill.ca/tised/files/tised/the_efficient_use_of_energy_cullen_and_allwood.pdf ( de 2010 , attention ! à réactualiser par rapport au votre ) , ce qui présente l’avantage d’avoir un Sankey plus simple ( et d’ailleurs , les chiffres différents permettent une auto-critique ! et j’ai tenté de faire des sommes-bilans par colonnes : m’ouais , c’est 50 GTonnes mais +/- )
    Une réflexion : afin de simplifier ce Sankey : classer «  » »thermodynamiquement » » » en terme de l’exergie U- To S ( avec To = 300K ), alias availibilty ; et ce par entropie croissante . je donne un exemple : la waste-shit reste toujours de la waste-shit dans le Sankey , donc elle n’intervient pas trop dans la réflexion ( elle ne s’emmêle pas avec le reste ; en gros c’est l’état final d’ Arrhénius , la Terre Finale gris-homogène ) . Du coup , cela sort du domaine d’investigation ( en première lecture ), même si bien sûr , on n’oublie pas de la compter dans le bilan GES final des 50 GT . Il reste à construire ce diagramme , càd évaluer à chaque fois le U ( à partir d’une réf Uo = 0 ) et la S (elle , absolue , en termes d’information , on pourrait même la convertir en bits ). Comme au fond , ce qu’on veut établir , c’est l’irréversibilité de ces transformations-techno , l’availibility me semble un bon critère .
    Par ailleurs , pour des étudiants , il faut simplifier , sans trahir. Il me semblait qu’un Sankey de flux à 3 compartiments seulement serait bienvenu : Gaîa G( je note gaïa la partie « ACCESSIBLE » de notre planète , càd en gros sa Surface fois une épaisseur-moyenne de 10 à 100m , où se passe l’essentiel de l’activité humaine ; non que je rejette l’influence de la géol , et du noyau , etc … ) , qui échange avec Secteur-industriel I ( j’y compte l’agro-industrie ) , qui échange avec le Vivant (life L )( et dans le vivant , l’ Homme ) : G,I, L , et le Sankey serait double flux ; il porterait sur : CO2 , et sur E, énergie ( ou U-ToS , je ne sais pas bien ) . Avec trois compartiments , donc 6 flux x 2, ce serait plus lisible , donc plus parlant . Sinon la complexité risque d’être décourageante. ( un tel Sankey existe déjà , depuis 1971 ( Claude Summers in ScientificAmerican , je dis cela de mémoire , mais je peux rechercher ))
    Enfin , faire faire de rapides calculs d’OdG ( Ordre de Grandeur ) est efficace pour évaluer tout de suite l’importance de l’enjeu. Je donne cet exercice par exemple : 50 GT / an , sur 100 ans cumulés , ça fait ? 5 PT , donc en mole ( CO2 = 44.10-3 ) : 50/44 . 10^20 moles . Comparer au nb de moles de O2 dans l’atmosphère ( à savoir 20% . m(atm, en g) / 32g , Et puis m(atm) = 10.33m d’eau sur S (= 1/pi . ( 40000 km)^2 ) soit 5 10^18 kg . ( Ce ne sont que des multiplications du niveau 2de ) , soit au total : L’H a rejeté via son activité ~ autant de moles de CO2 ( sur ~ 400 ans ) , que le vivant n’a créé de O2 sur 4 G year . Conclusion : Heureusement qu’il y a des puits : l’Océan , la Végétation ; mais après ce petit calcul, nul ne peut nier que l’influence de l’ H est à l’échelle de Gaïa : Prométhée se mesure à Gaïa ! (gare à notre foie , sourire ). ya bcp d’autres petits exos de ce genre ( … le cement-ciment ; les phosphates ; l’avion ;le rayonnement versus la conduction ; la géothermie ; … ) , un groupe de profs de taupe s’y était attelé…

    merci encore pour tous vos articles ; nous profs , nous vous sommes redevables …

  10. Thomas guitard Reply

    Salut.
    Il aurait été intéressant de croiser se graphique avec la capacité d’absorption en GES de la terre, les océans, les forets,etc…
    Pour connaitre de combien nous dépassons les bornes et de par combien il faudrait diminuer notre consommation.
    Merci,
    Thomas.

    • J’avais trouvé il y a quelque temps cet élément de réponse qui date un peu -2006- (German Advisory Council on Global Change, WBGU.
      Voir la page 77 du fichier: https://www.wbgu.de/fileadmin/user_upload/wbgu/publikationen/sondergutachten/sg2006/pdf/wbgu_sn2006_en.pdf ;
      La page Carbon Cycle de Wikipedia donne des chiffres voisins.

      [en Gt C/a, gigatonnes de Carbone par an, donc au-delà du seul CO2]

      Emissions = 217 GtC/an
      Fossils 6
      Plantes 60
      Sols 60
      Oceans 90
      Destruction nette de végétation 1

      Absorption = 214 GtC /an
      Sols 122
      Ocean 92

      Excédent de 217 – 214 = +3 GtC/an qu’il faut ramener à 0 dans un premier temps (par ex: diviser par 2 la consommation d’hydrocarbures fossiles), car ensuite il faudra aller au delà de ces -3 GtC/an pour faire baisser la teneur de GES car le niveau actuel n’est pas tenable sans oublier les +2 GtC/an dans les océans (et donc leur acidification):

  11. Dans l’agriculture le poste dû à la méthanogénèse (5,3) et à la nitrification (2,0) est considérable. Pour y voir plus clair, il faudrait traiter cela suivant qu’il s’agit de culture (et laquelle) et d’élevage (lequel aussi : entre les yacks des steppes d’Asie et le bœuf américain des usines à viande, il doit y avoir un monde). Et à quoi correspond le terme « land-use change » ? Je n’ai pas clairement compris dans l’article de référence.
    en tout cas, merci pour cette référence.

  12. Anne Sarrazin Reply

    … « Land use change » = rotation des cultures ?

    • Non. Land Use Change = changement d’affectation des sols. C’est par exemple quand on déforeste pour construire un mac do, élargir une route, ou cultiver.

  13. …N’étant spécialiste de rien, je suis simplement « surpris » (mais pas tant que ça) part la part de l’electrique (dans son ensemble) là-dedans… Pas sur que la conversion au « tout electrique » soit de fait une solution durable…

  14. Faustin Bertrand Reply

    Bonjour,
    Je ne suis pas sûr de la pertinence de mon intervention car l’on parle uniquement des émission de gaz dans ce graphique, mais que représente le nucléaire et les énergies renouvelables en terme de production d’énergie VS les modes de production énergie fossile ? En considérant que le nucléaire ne produit que peu/pas de gaz à effet de serre. 20% de l’énergie viens du renouvelable aujourd’hui, je trouve ça intéressant de garder cette donnée à l’esprit et peut être trouver un moyen de l’intégré dans un tel graphique.

    J’entend beaucoup autour de moi parler de la voiture électrique comme solution miracle ou passer au tout électrique semble une solution « verte », mais beaucoup oublie que cela dépend du type de production de l’électricité.

    Pour parler du graphique, le plus étonnant pour moi c’est la multitude des pôles d’émission de gaz. il n’y a pas un ou deux gros morceaux à travailler, mais une multitude de secteur/activité/équipement pour gagner un peu mais partout, pour avoir un impact sur les émissions globales.

    Bref la question de l’énergie reste incroyablement complexe, et varie selon la géographie et les énergie exploitable localement, raisonné globalement est intéressant mais pensée les solution localement est aussi pour moi essentiel.

  15. Sauve Béranger Reply

    Le premier gaz à effet de serre, ce sont les nuages, pas le Co2. L’utilisation exponentielle de la thermodynamique (=transformation de chaleur en travail) depuis 30 ans, contribue encore plus au réchauffement climatique que le Co2. L’avion est le seul à émettre du Co2 à 10 000 mètres d’altitude où il ne pleut jamais.

  16. Je ne suis pas sûr de bien interpréter le graphique sur la partie « Food » :
    Le tableau distingue d’un côté la nourriture végétale et de l’autre la viande et les produits laitiers.
    Dans la viande, on trouve les parcs d’engraissements (feedlots) la pâture, le bétail, mais on ne trouve pas la production végétale destinée à nourrir le bétail (tourteaux, en particulier). Il ne me semble pas que cela soit intégré aux parcs d’engraissement, dans la mesure où ils sont dans la catégorie « land use » : cela ne me semble concerner que l’emprise au sol de ces parcs.
    Donc ils ont intégré la production végétale destinée à l’élevage à la section « nourriture végétale ». or il y a dans le monde 1,5 milliard de bovins, 850 millions de porcins, 1,2 millions d’ovins, 1 milliard de caprins, 25 milliards de poulets. Donc, même si la plupart de ces animaux ne consomment de la production végétale qu’une partie de l’année, il me semble, au doigt mouillé, que l’on peut attribuer entre un tiers et la moitié des émissions de « vegetal food » à l’élevage.

  17. Je ne vois pas les émissions de GES liées au nucléaire et aux énergies renouvelables. C’est parce qu’elle sont trop faibles pour être mentionnées ?

  18. Sauve Béranger Reply

    J’ai fait un commentaire sur l’usage toujours plus important de la thermodynamique. Vous l’avez supprimé. Pourrais-je en connaître les raisons ?

  19. Pingback: Bill Gates sur le climat - Finance&Gestion

  20. Cher David, nous attendons une nouvelle vidéo avec impatience… En ces temps de couvre-feu, votre chaîne est l’occasion d’apprendre pleins de choses donc n’hésitez pas à poster de nouveaux contenus !

  21. Je me questionne encore à savoir si les 32 M d’éclairs (foudres) par an permettent d’oxyder le méthane contenu dans l’air et, ainsi, le transformer en CO2 et en H2O. Si c’est le cas, le fort impact calculé des émissions de méthane sur l’effet de serre serait à être réévalué. En passant, merci David pour tes contenus accessibles malgré la complexité des sujets traités.

  22. Philippe Permanne Reply

    Merci ! Ce qui serait encore mieux ce serait de pouvoir combiner n’importe quel colonne, par exemple le service final et le secteur directement au devices sans passer par l’équipement pour voir la part de l’aérien par secteur !

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