La nouvelle a fait grand bruit hier, de la vie a été trouvée sur Vénus ! … enfin des traces de vie … enfin des traces d’un composé chimique, la phosphine, qui pourrait être dû à une forme de vie.

(Edit du 19/11 : voire carrément des traces de rien du tout, cf la fin du billet)

J’ai lu l’article scientifique paru dans la revue Nature Astronomy [1], alors je vais essayer de vous en faire une restitution. L’idée est surtout de vous montrer comment les chercheuses et chercheurs ont procédé, et vous allez voir que c’est un peu plus compliqué que d’appuyer sur le bouton on/off et de lire le résultat.

La phosphine

La formule de la phosphine, c’est PH3 : trois atomes d’hydrogène accroché à un atome de phosphore. Ce qui rend ce composé si particulier, c’est qu’on ne s’attend pas trop à le trouver à l’état naturel, notamment sur les planètes rocheuses. La raison, c’est une histoire d’oxydo-réduction.

En présence d’oxygène, le phosphore va plutôt avoir tendance à se lier avec des atomes d’oxygène qui vont le cas échéant déloger les atomes d’hydrogène. On va plutôt donc trouver des composés de type phosphates, ou de l’acide phosphorique H3PO4. Un composé comme PH3 ne peut donc se maintenir et se former que dans des conditions très réductrices, avec très peu d’oxygène disponible.

Or les planètes rocheuses présentent justement des conditions très oxydantes, notamment du fait de leur croûte pleine d’atomes d’oxygène (liés aux métaux pour former des oxydes comme la silice SiO2, l’alumine Al2O3, …), atomes d’oxygène qui vont aussi se retrouver dans l’atmosphère . Donc même si la production de phosphine peut survenir dans l’intérieur d’une planète rocheuse, on s’attend à ce qu’elle soit détruite en traversant la croûte.

Sur Terre, on en trouve malgré tout un tout petit peu. Des mesures effectuées dans l’eau [2] suggèrent qu’il y en a de l’ordre d’un nanogramme par m3. En proportion, ça fait de l’ordre de 0.000001 ppm (je rappelle : 1ppm c’est 0.0001%). Et cette concentration serait due à des processus biologiques, notamment de certaines bactéries.

Retenez que ça n’est pas la phosphine en soi qui est intrigante, c’est sa présence sur une planète rocheuse. Par exemple sur Jupiter et Saturne, la phosphine est un composé « abondant », avec 1ppm pour la première et 4ppm pour la seconde.

Sur la base de tout ça, on peut donc considérer que la présence de phosphine sur une planète rocheuse est une «biosignature», c’est-à-dire un indice d’une possible présence de vie.

La détection

Comme vous pouvez vous en douter, détecter de la phosphine sur une planète distante n’est pas une mince affaire. Ca n’est pas comme si on avait pu aller prélever un échantillon sur place.

Pour cela, on se base donc sur des techniques de spectroscopie : en analysant la lumière (au sens large) qui nous parvient de la planète, on va essayer de déduire certains aspects de la composition de son atmosphère. En effet toutes les molécules absorbent certaines longueurs d’onde, ce sont les longueurs d’onde dont les photons ont une énergie correspondant à certaines énergies d’excitation de la molécule.

La planète émet un rayonnement que l’on sait modéliser de façon théorique, et tout « manque » dans le signal à certaines longueurs d’onde trahit la présence de la molécule concernée dans l’atmosphère.

Dans le cas qui nous concerne, la phosphine possède une excitation rotationnelle correspondant à une longueur d’onde de 1.123 mm (267 Ghz pour ceux qui préfèrent). On est à la frontière entre l’infra-rouge lointain et les micro-ondes (c’est pour ça que je parlais de lumière « au sens large »). L’équipe a donc utilisé le James Clerck Maxwell Telescope (JCMT) pour scruter cette bande d’absorption.

Une des difficultés, c’est que si l’on connait la longueur d’onde théorique correspondant à l’absorption, il y a un phénomène qui va perturber les choses en pratique : l’effet Doppler. La vitesse relative qui existe entre Vénus et le téléscope va donc décaler les lignes spectrales, et il faut donc effectuer un travail de reconstruction du signal.

En pratique, l’équipe a obtenu la courbe ci-dessous, qui montre qu’une fois recalé sur la bande d’absorption concernée et dans le référentiel de Vénus, le signal est bien compatible avec un excès d’absorption.

Alors c’est bon ? Pas si vite ! Déjà il faut savoir que le travail de reconstruction est loin d’être trivial, il suffit d’essayer de lire ce passage de l’article pour s’en convaincre ! Ensuite, est-ce qu’il pourrait s’agir d’un bruit ? Une fluctuation statistique ou bien un artefact ? Pour se convaincre de leur capacité à bien reconstruire ce genre de signal, l’équipe a réalisé un travail similaire sur la longueur d’onde à 1.126mm, qui correspond à un niveau d’énergie de l’eau deutérée (HDO, où D est un atome de deutérium). On sait qu’il y en a sur Vénus, environ 2.5ppb, donc pas grand chose, et l’équipe a montré qu’on retrouvait bien sa présence.

Pour parfaire le tout, les mesures ont été répétées avec un autre ensemble de téléscopes, l’Atacama Large Millimetre Array (ALMA). Le signal a été traité de façon indépendante, par des chercheurs et des méthodes différentes, et le résultat est resté le même : absorption à 1.123mm. Cela semble exclure la possibilité d’un faux positif. Mais est-ce bien de la phosphine ?

Une étape supplémentaire a été de vérifier que parmi toutes les espèces chimiques connues, aucune n’avait une énergie de transition pouvant correspondre à cette bande. Et rien n’a été trouvé.

Petite parenthèse : je ne sais pas trop comment se déroule ce travail de vérification, mais j’imagine que la tâche doit être dantesque. A titre d’ordre de grandeur, si on regarde juste la phosphine, on connait 7,5 millions de niveaux d’énergie, et 16,8 milliards de transitions entre ces niveaux ! Ce travail de modélisation [3] a notamment été réalisé quelques années plus tôt par Clara Sousa-Silva , une des autrices de l’article.

Bref, si on exclut la possibilité d’un faux positif, et le fait de l’attribuer à un autre composé, alors on doit admettre qu’il y a bien de la phosphine sur Vénus.

Quantité et localisation

D’après les mesures réalisées, l’abondance de la phosphine serait au minimum de 0.02 ppm. Bien moins que sur Jupiter ou Saturne, mais bien plus que sur Terre. Autre élément remarquable, le téléscope ALMA permet une résolution angulaire du signal; il a donc permis de constater que la phosphine était présente essentiellement à l’équateur et aux latitudes intermédiaires (entre -60° et 60°), mais pas aux pôles.

Quant à la localisation en altitude, la phosphine serait présente dans la couche nuageuse, à environ 50-60km de la surface. Petite remarque importante : on entend souvent que la vie sur Vénus serait bien compliquée à cause de sa température de surface (supérieure à 450°C) et de la pression qui y règne (93 bars). Mais à 50km d’altitude dans la couche nuageuse, la température est d’environ 30°C et la pression de 0.5 bars. Des conditions « presque » analogues à celles de la Terre. Presque vivable, enfin si l’on excepte le caractère hyper-acide de l’atmosphère, et la grosse présence de soufre !

D’où vient la phosphine ?

Je l’ai dit au début, ce qui fait l’intérêt de la phosphine c’est qu’on la considère comme une biosignature. Cette idée se base sur le fait qu’on ne voit pas bien ce qui pourrait expliquer sa présence, à part la présence de vie. Mais avant de sauter sur cette conclusion, on a intérêt à être sacrément certains de notre raisonnement. Les auteurices de l’article ont donc essayé d’éliminer toutes les possibilités d’une explication « non-biologique » de la présence de phosphine.

On l’a dit, la phosphine n’est pas un composé que l’on s’attend à trouver à l’équilibre thermodynamique. A partir de la durée de vie estimée de la phosphine avant son oxydation, et de l’abondance mesurée, l’équipe a calculé le taux de production de phosphine qui serait nécessaire pour expliquer son abondance sur Vénus. Et ce taux de production est bien plus élevé que ce que des réactions non-biologiques pourraient expliquer (ci-dessous un exemple de chemin de réaction considéré pour produire la phosphine !)

Les auteurices ont fait tout un travail de recherche dans les bases de données et de modélisation de réactions, pour voir si certains chemins de réaction pouvaient donner suffisamment de phosphine, et ce pour tout un éventail de conditions de température et de pression (allant de 0°C à 1200°C, et de 0.25 à 10 000 bars). Ils ont également examiné des hypothèses alternatives : que la phosphine provienne de météorites, ou bien soit produite par une activité volcanique ou encore une abondance d’éclairs. Mais à chaque fois ça coince : ces explications alternatives ont des taux de production de phosphine qui sont trop faible d’un facteur 10 000 à 1 million.

Alors, la vie ?

Une fois qu’on a éliminé toutes les explications connues possibles, il faut commencer à envisager des explications par des mécanismes alternatifs. Cela peut être soit des processus photochimiques ou géochimiques encore inconnus, soit de la vie. Les auteurs regroupent ces deux possibilités sous le terme «unexplained chemistry».

Le fait que la présence de phosphine soit uniquement détectée sur l’équateur et les latitudes intermédiaires peut aller dans ce sens. Cela correspond aux cellules de circulation de Hadley, qui peuvent, d’après l’équipe, être ce qu’il y a de plus stable pour accueillir la vie sur Vénus.

En conclusion, voici les possibilités, par ordre croissant d’excitation.

  • C’est un artefact de détection : il n’y a en fait pas d’absorption à cette longueur d’onde. Ça peut arriver, cela s’est déjà vu (souvenez-vous de l’inflation et BICEP2);
  • Il y a une absorption, mais due à un autre composé qui n’est pas la phosphine;
  • Il y a bien de la phosphine, mais produite par un processus non-biologique qu’on n’a pas (encore) découvert;
  • Il y a une forme de vie.

Pour confirmer tout cela, il faudra faire de nouvelles observations sur Vénus, ce qui ne sera pas possible avant plusieurs mois. Une solution pourrait être de regarder d’autres bandes d’absorption de la phosphine pour confirmer tout ça. Et ensuite…retourner sur place ! Avec Mars qui lui vole la vedette, la dernière sonde a s’être effectivement posée sur Vénus l’a fait en 1985 ! Nul doute que ce résultat motivera la mise en place de nouveaux programmes.

Edit du 19/11 : A ce jour il semblerait qu’on soit plutôt dans un des deux premiers scénarios évoqués : artefact de détection et/ou autre composé. Plus d’info sur les articles en cours de publication dans ce fil d’Hervé Cottin : https://twitter.com/hcottin/status/1329346900806524933

[1] Greaves, J.S., Richards, A.M.S., Bains, W. et al. Phosphine gas in the cloud decks of Venus. Nat Astron (2020). https://doi.org/10.1038/s41550-020-1174-4

[2] Pasek, M. A., Sampson, J. M., & Atlas, Z. (2014). Redox chemistry in the phosphorus biogeochemical cycle. Proceedings of the National Academy of Sciences, 111(43), 15468-15473.

[3] Sousa-Silva, C., Al-Refaie, A. F., Tennyson, J., & Yurchenko, S. N. (2015). ExoMol line lists–VII. The rotation–vibration spectrum of phosphine up to 1500 K. Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, 446(3), 2337-2347.

52 Comments

  1. J’adore tes blog mais j’ai jamais le temps de lire. Tu ferais pas des enregistrements en mode podcast ?

  2. Super intéressant ! Merci d’en faire une analyse si bien expliquée

  3. la vie sur terre (plutôt sous l’eau sur notre planète terre ) à 400°C et 300bars existe dans les cheminées hydrothermales il me semble? Cela est donc peut être acceptable sur d’autre planète?

    • Mais d’où viennent « les hautes teneurs » en Phosphine sur Jupiter et saturne ? On a le droit de sauter sur la conclusion qu’il y a la vie aussi ?

      • Non car dans leur cas on a un mécanisme de formation : à haute température et haute pression dans les couches basses, et la convection fait remonter dans les couches supérieures « rapidement » vers la surface. Mais sur une planète rocheuse ça ne marche pas car les roches (oxydes) dégraderaient la phosphine.

        • Mais à haute altitude, n’est-on pas un peu loin pour être certain que les roches ont toujours une influence? Je suppose que les auteurs ont vérifié qu’il y avait bien de l’oxygène à 50-60 km de la surface, là où précisément la phosphine a été détectée. Ce serait un argument plus convaincant que simplement dire qu’on se trouve sur une planète rocheuse.

          D’autre part, soit il s’agit de la même forme de vie que sur Terre (au sens même type que les bactéries terriennes produisant de la phosphine), soit il s’agirait d’une forme différente, mais entre une forme de vie différente et un processus chimique encore inconnu, j’aurais plutôt tendance à considérer la 2e possibilité (d’autant plus qu’une forme de vie différente serait d’abord basée sur un processus encore inconnu).

          Et la phosphine réagit-elle toujours avec l’oxygène, quelles que soient les conditions (vu que les conditions sur Vénus sont différentes de celles sur Terre)?

  4. Chaumont Philippe Reply

    Si on imagine qu’il s’agit bien d’une forme de vie, qu’est-ce que cette détection nous apprend sur cette forme de vie ?

    • Eh bien pas forcément grand chose, probablement qu’elle utilise le phosphore (comme nous, principalement pour l’ATP et l’ADN/ARN, comme j’en parlais dans ma dernière vidéo d’ailleurs).

  5. michel lambin Reply

    Si on confirme la présence de vie dans ces conditions pas tip top, alors c’est quasiment certain que la vie pullule dans l’univers. C’est ça qui est vertigineux.

  6. Je trouve qu’on se concentre beaucoup trop sur Mars pour l’exploration de surface/subsurface et la recherche de la vie ancienne et/ou présente alors que Vénus, Europe et Encelade (voir aussi Titan avec ses mers, lacs, et pluies d’hydrocarbures) me semblent bien plus à même de trancher définitivement la fameuse question sur la vie (l’univers et le reste ^^) ailleurs que sur Terre.

  7. Les auteurices ? Mais qu elle est cette horreur ? Déjà que je lute pour que mes élèves écrivent correctement…

      • Moi je le trouve très bien, ce néologisme. Passé le premier étonnement, j’ai compris. C’est un mot qui fait le boulot de désigner assez précisément ce qu’il signifie. Pour ma part, je dis que c’est, certes, un essai, mais un coup de maitre (sans accent, et c’est volontaire).
        Quoi qu’il en soit, merci pour l’article.

    • euh… que je lutte (2 t); ensuite, et bien OUI, il va falloir s’adapter à l’écriture inclusive.. La forme habituellement proposée étant autrices.eurs ou auteurs.rices… Peut-être qu’ainsi moins de femmes ayant réalisé des travaux scientifiques remarquables se verront voler la vedette (et éventuellement le prix Nobel) par leurs « collègues » masculins!

  8. Merci pour la tentative d’écriture inclusive. C’est tellement important de rendre visibles les femmes dans les sciences.

    • Il se trouve que le nombre de contributrices à cet article scientifique est notable ! Je me suis dit qu’il fallait d’une façon ou d’une autre y faire honneur 🙂

      • Christophe Reply

        Bravo quoi qu’il en soit pour l’emploi du terme « autrice », qui est la forme féminine la plus naturelle ; on la rencontre de plus en plus souvent, et c’est tant mieux.

        Quant à la façon de nommer collectivement les membres du groupe, je ne connais en effet pas de « bonne » solution… Il y a toujours la possibilité d’utiliser un terme épicène (« les signataires »), mais on contourne alors le problème. « Les auteurs et autrices » (et inversement) est vraiment trop lourd si cela revient plusieurs fois… Il y aurait aussi simplement la possibilité d’appliquer la règle de la majorité (peut-être même à pondération variable, par exemple dans un cas comme celui-ci), lorsque le groupe dont on parle est concret ; ce serait peut-être perturbant au départ, mais cela aurait l’avantage d’être plus logique et – un peu – plus précis.

        • Ou alors, on admet l’existence d’une forme neutre pour désigner un collectif féminin et masculin, par exemple « auteurs ». Aux élèves de primaire, au moment de leur explIquer le concept, au lieu de leur dire bêtement que le masculin l’emporte sur le féminin avec un rire bête (y compris venant des institutrices, situation vécue), on leur explique qu’il y a une forme neutre, tout bêtement.
          On ne change pas ce qu’on fait, on change ce qu’on dit qu’on fait et en faisant ça, on change tout.
          Au passage j’aime bien autrice, ou auteurice, terme simple, évocateur. C’est de toute manière bien mieux que l’écriture inclusive.

          • Oui, le mot « auteur » devrait être naturellement neutre. Et pour préciser, si besoin est: « auteur homme » / « auteur femme ». À noter qu’aux États-Unis, ils font l’inverse de la France, pour justement renforcer l’égalité hommes-femmes: le métier étant le même, un seul mot. Pour les acteurs, alors qu’il existe 2 mots « actor » et « actress », les femmes (au moins) insistent pour se déclarer « actor » et non « actress », et pour différencier le genre: « male actor » et « female actor ». Cf https://www.stage32.com/lounge/acting/Actor-vs-Actress-what-is-the-correct-title-now et le documentaire « Tout peut changer, et si les femmes comptaient à Hollywood? » (« This Changes Everything »).

      • Je vous rappelle qu’en bon français le terme « auteur » englobe les deux genres ! Il n’y a donc pas lieu de se casser la tête ! Le seul problème est que l’on ne connaît plus le français !
        Ceci dit, bravo pour vos analyses toujours profondes et pertinentes.

        • Amsterdammer Reply

          « Le bon français »? N’importe quel linguiste pourra vous dire que c’est l’usage qui fait la norme, et non l’inverse. Il n’y a pas de linguistes à l’Académie Française, d’où sa notoire incompétence scientifique en la matière. D’où ses bourdes et ses âneries à répétition. D’où ses postures Don-Quichottesques.

          Prétendre que « l’on ne connait plus le français », c’est s’aveugler complètement sur ce fait, que les normes du langage évoluent avec la société qui les véhicule.

          Et il se trouve que la société dans laquelle les femmes étaient exclues de la recherche scientifique et reléguées aux seules tâches domestiques est depuis longtemps déjà révolue.

      • sebastien heilmann Reply

        Eh bien, cette simple phrase aurait évité beaucoup de débats, au lieu de créer votre propre mot pour cela. Laissez les néologismes à message aux militants et au marketing 😉

    • Ce serait bien de ne pas mélanger la féminisation des métiers avec l’écriture inclusive car ça n’a absolument rien à voir.
      Quant à féminisation d’auteur, comme les mots en -eur, c’est soi -trice, soit -euse.
      En l’occurence, autrice est la forme la plus usitée.

      • Auteurice pour moi est bel et bien une forme d’écriture inclusive (cette forme souligne la présence des 2 genres contrairement a auteur/autrice, qui sont pratiques pour désigner l’exclusivité d’hommes ou de femmes)

        Personnellement je soutiens l’initiative et ne vois pas le problème de l’utilisation de cette forme

  9. Difficile de comprendre la différence intrinsèque entre chimie biologique et chimie « non-biologique ».
    Il s’agit tout de même de chimie, non ? Pourquoi conclure que si des réactions non biologiques sont impossibles des réactions biologiques le sont ? En connaît on ?

  10. Si je comprend pour vivre là bas, il faut être à 50km de la planète ? C’est très propre l’explication. Merci

  11. Anne-Marie Reply

    Bonsoir David
    Merci pour cette info.
    Question : s’il y a de la vie à 60 km d’altitude ça voudrait dire que les êtres ne se « posent » jamais ? C’est sidérant ! Et sinon est-ce possible qu’ils vivent sur des roches en suspension dans « l’atmosphère  » de Vénus, comme imaginé dans Avatar ?

    • Amsterdammer Reply

      On trouve des bactérie dans la haute atmosphère terrestre également. Rien de mystérieux.

  12. sebastien heilmann Reply

    Merci David pour ce dégonflage d’une énième info issue du grand rêve obsessionnel de la vie ailleurs…
    Mais attention – AUTEURICE, non , tu ne peux pas te permettre ce genre de barbarisme.

    • Amsterdammer Reply

      Et pourquoi pas? La langue évolue. Et c’est in fine l’usage qui fait la norme, non l’inverse.

      Le français n’est jamais que du latin qui a dégénér… euh, évolué.

      • sebastien heilmann Reply

        La langue évolue naturellement mais chacun ne doit pas se permettre de créer ses propres mots. Ou chaque groupe militant son propre langage. Ça serait encore un triomphe de l’individualisme (ou du communautarisme idéologique)..Enfin c’est la perturbation du fond par la forme : Mr Louapre peut se rendre compte à quel point son invention verbale parasite son article. Il aurait dû s’il le voulait rédiger une phrase expliquant le nombre appréciable de contributrices, ou écrire un article à part. S’il veut faire du militantisme, la bonne solution est d’exprimer sa pensée directement et clairement – mais pas d’essayer de manipuler notre façon de voir le monde par l’intermédiaire d’un nouveau mot 🙂

        • On part loin la je trouve (avec « manipuler notre façon de voir le monde ») c’est juste un mot pour pas écrire « auteurs et autrices » en entier et éviter d’avoir un simple « les auteurs » qui peut avoir un sens double et contribue à minimiser l’importance des femmes dans ce travail (on ne sait même pas si elles sont la)

          Sinon j’ai l’impression de voir une comparaison a la novlangue mais dans ce cas on diminue volontairement le vocabulaire pour empêcher d’exprimer des idées (au moins simplement) alors que dans le cas de auteurice on enrichit le vocabulaire pour exprimer de nouvelles idées plus simplement.

          Sinon en refusant cette ecriture, ne participeriez vous pas non plus au communautarisme idéologique ? Vous pourriez l’adopter (ou au moins l’ignorer) exactement de la même manière que nous pourrions ne pas l’utiliser je pense…

  13. S’il y a effectivement de la vie sur Vénus, qu’est-ce qui prouvera qu’on ne l’ait pas amené avec une précédente sonde envoyée sur celle-ci ?

    • Je ne me souviens plus si l’hypothèse a été testée dans le papier original ou dans un calcul subséquent, mais le verdict était : il n’est pas envisageable que des bactéries déposées par des sondes humaines aient eu le temps de se développer suffisamment pour produire autant de phosphine (on parle d’une concentration extrêmement importante, plus que sur Terre où la vie modifie l’atmosphère depuis des milliards d’années).

      Il est en revanche possible qu’il y ait eu panspermie depuis la Terre il y a très longtemps, via des météorites, ce qui expliquerait une forme de vie fonctionnant sur la même base que la nôtre (car rejetant les mêmes biomarqueurs)

      Faites péter les sondes !

  14. Merci pour le billet, je n’aurais pas vraiment eu le courage de me lancer dans la lecture de l’article! J’attends avec impatience la prochaine vidéo, elles sont toujours passionnantes et très bien réalisées, c’est vraiment inspirant pour moi!

  15. C’est une bonne idée de revenir au blog sans vidéo ! J’imagine aussi que ça demande beaucoup moins de travail, donc si ça peut être l’occasion de faire plus de contenu de qualité, je vote pour, des deux mains !

  16. Cet article est rassurant en ce sens que, même si les vénutiens existent, il est peu probable qu’on les voit débarquer un jour chez nous.
    Rappelez vous de la peur panique que suscitait naguère une possible invasion de martiens, tout ça parce que l’on avait cru observer le canaux sur mars !
    Si les vénutiens habitent à 50 kms de leur planète il faudrait d’abord qu’ils trouvent le moyen de descendre pour trouver de quoi construire leur vaisseau spatial.
    Plus sérieusement, on se demande à quoi pourrait ressembler cette forme de vie sur Vénus.

    • Le mythe des invasions extraterrestres a certainement été inventé aux USA pendant la guerre froide, comme une sorte de métaphore : les méchants E.T. symbolisent les « méchants » communistes russes…

  17. J’avais eu l’info par DNDE, c’est passionnant ! Vous détaillez beaucoup plus, c’est génial. Mais comme vous dites il n’y a plus que les martien.nes (LOL) qui comptent.
    Pour ce qui concerne le non-sens de l’écriture plus ou moins inclusive (remarques du blog), je vous suggère juste de suivre la référence qui est encore aujourd’hui l’académie française.
    Les celles et ceux me gonflent
    les auteures et autrices , autistes et autres auteuristes aussi. c’est vraiment triste !
    J’espère à bientôt dans une prochaine vidéo.
    Merci pour vos efforts.

    • Amsterdammer Reply

      L’Académie Française, ce corps de vieux barbons sans compétence en linguistique (ce qui est tout de même fort de café, pour un organisme censé régenter la langue…)?

      Regardez la liste de ses membres : des politiciens, des écrivains (droitiers) et autres vecteurs de normes, aucun linguiste. Raison pour laquelle la fameuse Grammaire que l’Académie se risqua un jour à produire, était truffée de bourdes et d’aberrations, incapable de rivaliser avec les ouvrages scientifiques produits sur le sujet… au point qu’elle ne s’y est plus risquée depuis.

      Une langue suit l’évolution de la société qui la véhicule. L’usage fait la norme, la norme suit l’usage. Ne pas vouloir prendre le réél en considération, conduit inévitablement à des déconvenues et ne fait qu’alimenter perpétuellement une pensée décliniste.

  18. Merci pour ce billet très intéressant ! D’une limpidité impeccable !

  19. AuteurE, tout simplement, non ? On comprend ainsi que des femmes ont dirigé l’étude et tout le monde est content.

    • Amsterdammer Reply

      Je pense que le néologisme de David veut signifier que l’équipe était mixte.
      Avec des ‘auteurs’, on pourrait en conclure que l’équipe était exclusivement composée de femmes.

      • Il faudra inventer des formes de pluriel vraiment neutres, c’est-à-dire pas calquées sur le masculin-pluriel. Au final on ne saura rien de la composition en genre du groupe. De toutes façons le masculin-pluriel en guise de neutre ne donne pas d’information non plus, c’est juste à se demander pourquoi le masculin fait-il office de genre neutre ? Je plaide donc pour la création de terminologies exprimant la neutralité du genre, en particulier au pluriel.

        • Auteurices est justement censé remplir cette fonction de genre neutre (ni simplement auteur, ni simplement autrices/auteure)

  20. Adrien Gouriou Reply

    Billet de blog limpide !
    (Petite coquille pour la longueur d’onde en nm et non pas mm)

  21. Lecteur depuis peu et visionneur (de vos vidéos youtube) depuis un peu plus, loin des débats linguistiques, je souhaite simplement vous remercier (en règle générale) pour vos vidéos et vos billets.
    Votre pédagogie est vraiment bien rôdée, les explications claires et très compréhensibles malgré la difficulté physique que cela représente parfois. Néophyte mais passionné depuis de nombreuses années, dommage de ne pas vous avoir eu avant (idem pour internet) ; j’ai dû me taper quantité d’articles et quelques bouquins imbuvables pour parvenir à un résultat souvent moins efficace que 15 ou 20 min d’une de vos vidéo.
    Surtout n’arrêtez pas. Un lecteur fidèle en devenir.

  22. Excellent billet de blog, je l’ai trouve très intéressant pour comprendre un peu plus en détail cette étude dont on (au moins moi) a tant entendu parler

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