En matière de lutte contre le réchauffement climatique, je suis à la recherche de quelque chose qu’à ce jour je n’ai pas trouvé. Une sorte de document fictionnel hypothétique. Peut-être ai-je tout simplement mal cherché ? J’en appelle à votre aide !

Vous le savez, on dépense beaucoup d’énergie et de temps à expliquer au plus grand nombre que nous avons un problème avec le climat. C’est important. Mais je trouve que l’on n’en dépense pas assez à montrer des solutions.

Bien sûr, on parle beaucoup des objectifs à atteindre, des mesures à prendre, des attitudes à adopter. Mais j’ai l’impression que l’on ne montre jamais des trajectoires chiffrées complètes de sortie de crise.

Laissez-moi expliquer ce que j’entends par là.

On évoque souvent le point de départ : que faut-il faire maintenant (lois, mesures, décisions, comportements).  On parle souvent du point d’arrivée : là où l’on souhaiterait être dans 50 ans, et bien sûr, là où on risque de se retrouver si on ne fait rien.

Mais on parle assez peu de ce qu’il y a entre les deux. Les détails des trajectoires politico-technico-socio-économiques possibles qui nous feraient sortir de la crise.

Bien sûr la fiction nous présente parfois des trajectoires, mais qui sont en général négatives, et dont le but est de nous montrer ce qu’il va se passer si on ne fait rien. C’est important, mais il me semble que ça ne suffit pas.

De l’autre côté le GIEC nous présente aussi des trajectoires, certes. Mais ces trajectoires portent (à ma connaissance) quasi uniquement sur le résultat final : le climat lui-même, ou le niveau d’émission global de CO2.

Je n’ai pas connaissance de document présentant, sous forme de trajectoire temporelle, des propositions chiffrées de décisions à prendre, moyens à mettre en oeuvre, changements à opérer, ainsi que leurs conséquences chiffrées et progressives au cours du temps. Idéalement d’une façon suffisamment granulaire sur le plan géographique et sectoriel.

Bien sûr, je suis bien conscient que détailler une telle trajectoire aurait forcément un aspect arbitraire et incertain, et surtout hautement non-unique. Il n’existe évidemment pas UNE seule trajectoire permettant de sortir de la crise climatique. Mais il me semble que cela aurait une valeur d’en détailler une voire plusieurs, pour inspirer et montrer leur existence.

Au risque d’être un peu lourd et utopique, voici le genre de chose que j’aimerai voir : un document qui détaille année après année (disons de 2020 à 2070) et de façon chiffrée les évolutions politiques, sociales, techniques et économiques qui permettront une sortie de crise.

Une sorte de gigantesque ligne temporelle remplie de trucs du genre :

  • 2025 : la Bolivie installe X GigaWatts de panneaux solaires supplémentaires, portant son mix énergétique à …
  • 2027 : la moyenne de température de chauffage de logement aux USA est de X.
  • 2028 : Interdiction en Chine des vols aériens de moins de X km, le traffic aérien mondial est alors de Y passagers.km, pour un total d’émission de Z.
  • 2033 : La taxe carbone mondiale passe de X à Y. Le niveau d’émission est de Z.
  • 2035 : les importations de fruits et légumes de la France sont de X. Le taux d’emploi du secteur industriel est de Y. La distance moyenne parcourue chaque année est de W.
  • 2037 : La production de moutons en Australie est de X, pour une émission estimée de Y. La consommation mondiale de mouton est de Z.
  • 2041 : le parc de voiture électrique en Italie est de X. Construction de Y km de ligne ferrée pour une consommation totale de Z.
  • 2043 : la dernière centrale à charbon russe ferme…
  • etc.

avec les courbes d’évolution de la demande, des émissions, des infrastructures, des normes, des structures sociales etc. sur l’ensemble de la période, et par secteur et zone géographique.

Cet immense document hypothétique présenterait année après année l’état du monde sur le plan économique (secteurs, activité), des infrastructures (logement, transport, industrie), social (revenus, emploi, consommation), techniques (technologies disponibles, déploiement), etc.

Le but d’un tel document ne serait pas politique ou normatif (en mode « voici ce qu’il faut faire »), mais juste inspirationnel. Ce serait plutôt pour faire comme les mathématiciens quand ils démontrent qu’il existe une solution. Ca ne dit pas que c’est l’unique ou l’optimale, mais ça montre qu’il y en a.

Bien sûr, je suis parfaitement conscient que ce que je demande est énorme, et donc quasi-impossible sous cette forme. Mais sans aller jusque là, j’avoue ne rien connaitre qui s’en rapproche ne serait-ce qu’un peu. En tout cas rien qui — à ma connaissance — aille bien au-delà des courbes d’émissions de CO2 souhaitable au niveau mondial et du catalogue de mesures.

Ca pourrait même être une oeuvre de fiction ! (Mais ce ne serait probablement pas très palpitant sur le plan romanesque.)

Ce billet de blog est donc un appel à l’aide, si vous avez des pistes pour m’aider, je suis preneur !

(Je rappelle : pas juste un résultat final, pas juste des intentions pour aujourd’hui : *une* trajectoire chiffrée possible des évolutions politico-technico-socio-économiques sur un périmètre mondial…et qui finisse bien si possible !)

35 Comments

    • Je ne conseillerais pas du tout le Shit project, franco-français, basé sur une écologie punitive et dogmatique et qui contient de très graves erreurs factuelles. Les émissions de la France, moins de 2% (de mémoire) du total mondial, ceci ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire ici, juste que l’approche Shift est, pour cette raison et d’autres, pas du tout ce qu’il faut faire (très nucléaire aussi, on aime ou on aime pas, sur ce point j’aurais tendance à être d’accord, sans aucun nucléaire, cela paraît difficile d’y arriver). Les seuls vraiment solides sont l’Agence Internationale de l’Energie, la COP (avec des trajectoires par pays), qui offre une perspective globale: le CO2 émis à Pekin a autant d’impact à Paris (et lycée de versailles).

      • « Punitif et dogmatique  » hou hou voilà ça commence bien mais c’est celui qui dit qui est ! Méchant va !

      • Pourquoi une « écologie punitive et dogmatique » ? Je suis également intéressé par le détails des « très graves erreurs factuelles » pour enrichir mon opinion.
        Je suis tout à fait d’accord sur le fait que ce n’est pas la transformation de l’économie française qui va résoudre le problème climatique mais j’ai du mal à voir en quoi ça disqualifie les proposition du Shift project. Ce sont justement des propositions qui visent à remplir les objectifs de la France vis-à-vis de l’accord de Paris décidés à la COP.

      • L’AIE est un organisme « légèrement » influencé par les États Unis. Je n’irai chercher aucune solution de ce côté.

        L’Association The Shift Project a pour ambition de nous faire transiter de manière réaliste et pragmatique. Le résultat de ses travaux sont publics et s’il y a des choses à critiquer, il faut ke faire directement auprès d’eux.

        Je ne vois rien de « punitif et dogmatique « . ce sont des ingénieurs qui raisonnent à partir des d’innées, mesures et faits.

        Même si c’est à l’échelle de la France (et encore heureux car chacun doit balayer devant sa porte), ils ont souvent exprimé l’ambition que nous (pays ocde) puissions montrer l’exemple et entraîner d’autres pays moins armés pour appréhender ces sujets (scientifiques et techniques à dimension sociale et societale)

  1. Benoît BIELOOSEROFF Reply

    Bonjour David,

    Je connais quelque chose qui se rapproche un peu de ce que tu recherches, il s’agit de l’atelier 2tonnes. C’est une sorte de jeu dans lequel les participants simulent une trajectoire en CO2 en prenant des décisions à la fois personnelles mais aussi collectives en se mettant à la place des gouvernements. Ce n’est pas année parannée mais tous les 4 ans de mémoire et le format n’est pas vraiment celui que tu cherche mais eut être qu’en rentrant en contact avec quelqu’un de la bas il pourrait t’aider notamment en te donnant les sources et les chiffres utilisés pour cet atelier .

    • Ca c’est très intéressant, c’est ce qu’on appelle la théories des jeux, très utilisée en économie et pas mal en fait (mais plutôt pour des comportements à l’échelle micro, pour reprendre une image avec laquelle David est familier, c’est la physique quantique). J’ai fait cela dans ma carrière, des genres de War games pour essayer d’anticiper comme la concurrence va évoluer sur un secteur (souvent on se trompe!). Oui, peut-être une piste à explorer. Le problème, comme en physique quantique, David va adorer!, c’est que les prévisions ont un impact sur le comportement des acteurs. Imagine: David devient tellement connu que (presque) tout le monde croit à ses prédictions comme probables. Alors, il y a des gens qui vont dire: ben, si David a raison, il va se passer ça et ça! Donc, moi, je vais agir autrement, soit pour profiter de cette situation, soit pour m’y adapter. Et le scenario de David, précisement parce que bcp de gens y croient, ne va pas se dérouler comme prévu! Cet effet, très connu pour prévoir les prix su pétrole par exemple, fait que l’on se gourre presque toujours (sauf à très long-terme, le pétrole, y en aura presque plus à un moment, donc il sera cher…oui, mais quand?)

  2. Jonathan Gandy Reply

    Je n’ai jamais vu une telle trajectoire non plus au niveau mondial, et j’avoue que ça m’intéresserai beaucoup. Ce serait un sacré gros boulot.

    Au niveau français, ya la SNBC mais je crois que c’est assez light.
    Et ya le Plan de Transformation de l’Economie Française sur lequel est en train de travailler le Shift Project.

    • Je m’étais intéressé au scénario négawatt il y a quelques années. De mémoire, leurs propositions sont malheureusement basées sur des valeurs de surfaces de forêts exploitables et de rendements pour ce qui est de l’utilisation de l’hydrogène-énergie proches du fantaisiste.

  3. Je ne suis pas sûr que ça corresponde vraiment à ta recherche, mais ce n’est pas non plus si éloigné. Il s’agit d’un article que j’ai trouvé intéressant car il tente d’évaluer le coût à venir des technologies de recapture du carbone et les investissements (rapportés au PIB) qui seraient nécessaires pour que ce soit bien une des dimensions faisables pour une sortie de crise climatique future. Certes il ne s’agit que d’un aspect des stratégies de sortie de crise (la recapture), mais le calcul est transparent et s’attache à être réaliste. Bref en tout cas le voici :
    http://cognitivemedium.com/dac-notes?fbclid=IwAR1-0DS5TaRGHtdS-_FW052RQyrPyeudbzNUtVbaxxbbK9eB3sICj65eZ6A

  4. C’est sans doute hors sujet mais comme tu (je sais pas pourquoi le tutoiement vient naturellement, sans doute parce que ça fait des années que je regarde tes vidéos ?) parles d’un projet de fiction je pense que ça t’intéressera quand même, même si c’est une frise qui n’est pas liée qu’au développement durable.
    C’est futuretimeline.net, un site tenu par une communauté très active, qui utilise différents articles scientifiques (et sans doute d’autres moins scientifiques, je n’ai pas fait de fact checking) pour prédire de possibles évènements dans les années, décennies (et plus mais ça t’intéressera moins) à venir.
    Voilà, sinon je me régale toujours devant tes vidéos donc merci pour ça !

    • Hello.
      Fort de ce blind spot, il me semble que le GIEC dans son nouveau rapport ne parlera plus de RCP mais de SSP, pour se rapprocher de ce que tu recherches (sans proposer un niveau de detail mathématique auquel tu sembles aspirer)
      En esperant que cela te serves
      Salut !

  5. Bonjour David,

    c’est un peu hors sujet, mais cela peut t’intéresser : il existe un jeu qui a pour vocation d’imaginer, à l’échelle du citoyen français, des habitudes de vie compatible avec un objectif de 2 T d’émission CO2 équivalentes par an. Cela a pour but d’être utilisé lors d’ateliers collectifs et s’appelle « Inventons nos vies bas carbone » (https://www.resistanceclimatique.org/inventons_nos_vies_bas_carbone).
    Pour mieux répondre à ta question, il te faudrait la version « Inventons notre vie bas carbone – version dirigeant d’un état ».

    Cordialement,

    Florian

  6. PHILIPPE VIAS Reply

    Bonsoir
    En fait c’est très difficile car les paramètres évoluent. Des chercheurs du MIT qui ne sont pas réputés pour leur amateurisme déclarent pouvoir maîtriser la fusion nucléaire avec un rendement de 1 à 5 en 2035…. Vous êtes bien plus compétent que moi pour en définir les conséquences. Pour tout vous dire je suis un adepte de l’Ecomodernisme qui veut défendre le principe que la science et la technologie peuvent résoudre le problème du réchauffement climatique a contrario d’une idéologie décroissante et technophobe.

    • Sur la fusion nucléaire, j’ai gardé précieusement un n° de Science & Vie de 1958 expliquant que des scientifiques très sérieux prédisaient l’électricité nucléaire par fusion dans 50 ans. L’échéance est dépassé depuis une décennie. Le projet international ITER ne prévoit pas la mise en marche d’une – j’hésite sur le terme à utiliser – centrale ou plutôt d’un labo de grande taille avant les années 2030. Ces solutions trop complexes sont victimes des rendements décroissants (lire Joseph Tainter là-dessus par exemple), et je ne parierai pas là-dessus.

  7. Bonjour David,
    Cela n’existe pas à ma connaissance à l’échelle mondiale, toutefois, il existe des éléments aux échelles nationales qu’il faudrait compiler.
    Un premier pas dans cette direction serait d’analyser les NDC (National Determined Contributions) des pays signataires de la COP21, puis les déclinaisons opérationnelles de ces NDC dans les politiques de chacun d’eux.
    De tels trajectoires sont éminemment politiques… et donc ces déclinaisons ne sont bien souvent que partielles au fur et à mesure de la prise de conscience par le politique de la différence entre les objectifs qu’il se fixe et les impacts réels des politiques mises en oeuvre… Il suffit de voir le nombre de lois Climat/Energie qui se succèdent en France, chacune apportant leurs lots d’exigences de court et moyen termes complémentaires pour ajuster la trajectoire sur la cible que le pays se fixe.
    Ces NDC combinées aux lois stratégiques nationales permettent de passer des objectifs « émissions » aux trajectoires sur les taux d’ENR, baisse des consommations sectorielles, décarbonation des transports, urbanisation, …
    En faire une compilation cohérente pour un pays est déjà un travail conséquent… alors à l’échelle mondiale…
    Ceci étant, ce serait en effet un travail très utile à de multiple titres!

  8. GUITARD Thomas Reply

    Se que tu demande ne serait-ce pas les fausses promesses des COP?!!
    Il doit y avoir pas mal de doc.
    Si non pour ne pas énumérer une infinité de mesures a prendre, je n’en citerais qu’une.
    La première économie est ce que l’on ne dépense pas.

  9. Hubert Houdoy Reply

    Je comprends bien ta question.
    Cela rejoint un ancien et énorme problème des modèles économétriques que vendaient des sociétés de conseil, d’informatique et de simulation. Chacun pouvait acheter le logiciel pour faire ses propres simulations sur l’évolution du prix du pétrole (pour un trader) ou sur le développement de son pays (pour un ministre de l’économie en chambre). Ce qui manquait à la pertinence de toutes ces simulations, c’est la prise en compte des interactions inévitables entre tous ces projets. Car c’est de là que vient l’incertitude en économie.
    Ta question recouvre parfaitement ma réaction à l’égard des collapsologues. Ils se posent de bonnes questions. Ils essayent de mettre bout-à-bout des articles scientifiques de bon niveau, mais dans des domaines isolés. Pour faire de la collapsologie, il faudrait une communauté de chercheurs et d’instruments semblables à celles qui ont découvert le boson scalaire au CERN, à celle qui a étudié le CMB avec le satellite Planck, à celle qui a mis en évidence les ondes gravitationnelle, à celle des climatologues dont le GIEC n’est que la partie immergée.

  10. Ou là, là. C’est très compliqué votre question et en fait impossible réellement, à moins d’avoir un gouvernement mondial centralisé qui planifierait tout, y compris la production de moutons en Australie (et l’allocation des quantités), le nombre de vols intérieurs en Chine…etc. A a déjà essayé l’hyper-centralisation de ce type en Union Soviétique par exemple, bon, ça a pas super marché (d’ailleurs, au passage, les performances environnementales de l’ex URSS étaient désastreuses, sans m^me parler des restrictions de liberté et du niveau économique très faible). Comme le souligne un internaute, il y quand même a les lignes directionnelles de la COP quand même (je comprends son agaçement, mais des choses sont faites, surtout en Europe et d’autres régions commencent à bouger sérieusement). De manière générale, sur les scenarios, l’AIE fait du bon boulot (je suis leur travail depuis…..35 ans, et leur puissance analytique est 1000 fois meilleure, même si certaines de hypothèses de base, très politiques, comme la croissance économique par an, peuvent être contestées).

  11. Patrick Marchal Reply

    C’est difficile de faire une telle prédiction. Mais ce serait un bon sujet de jeu vidéo pour tester tous les chemins possibles. Il faut en parler à Ubisoft!

  12. il y a Hari Seldon et sa psychohistoire :p

    pour être plus sérieux, il faudrait déjà qu’un modèle existe et permette de prendre en compte le fait que rien de ce qu’on a fait jusque-là n’a eu d’influence notable sur le problème du CO2… et que les moyens pour contrecarrer les émissions de CO2 reposent sur du fossile et des matières premières (qui vont manquer aussi), et ont un impact sur notre environnement qui dépassent le problème du CO2 (biodiversité, érosion des espaces naturels, acidification des mers etc…)
    sur des exemples idiots, on peut se dire qu’isoler les bâtiments, c’est bien… et que cela devrait amener à une réduction de tant de GWh consommés… mais pas de bol, les habitudes changent en même temps que les techniques et l’amélioration des objets qui nous entourent. Les Allemands, même avec un fort investissement dans l’isolation, vivent avec une température légèrement plus élevée chez eux et consomment tout autant au m2 : les effets rebonds apparaissent à chaque fois

    après, c’est quoi le truc, tu cherches des moyens d’être optimiste pour l’avenir ?

  13. Richard NOWAK Reply

    Bonjour,
    Commençons par le commencement.
    Il vous est proposé un outil pour répondre à votre questionnement.
    Analyse de données à partir de (7,7, 8) paramètres.
    Toute Liberté pour formaliser , conceptualiser et enrichir, voir critiquer et simplifier.

    Sur https://projet.lesecologistes.fr/processes/democratievivante/f/2/proposals/456
    Voir CAP 555 pour une nouvelle institution
    et dans documents à consulter le fichier Cap_555_07.pdf (6,4 Mo)

  14. Je ne voudrais pas vous saper le moral cher David, mais ce que vous demandez relève plus de Mission Impossible que d’une recherche sérieuse qui serait basée sur des éléments factuels que l’on serait susceptibles de maitriser dans une certaine mesure.

    Si solution il y a, en ce qui concerne le problème du réchauffement climatique, elle ne peut être que globale, c’est-à-dire mondiale avec une participation active des principaux pays qui sont à l’origine de ce problème. Or ce que l’on peut constater tous les jours simplement en lisant la presse ou en regardant les infos c’est que nous sommes trèèèèèès loin d’avoir une unicité de point de vue sur le sujet et, plus grave encore, de mettre en commun des ressources qui permettraient d’apporter le moindre début de solution.

    Tout ce que l’on constate ce sont des mesurettes, certes louables, mais qui ne changeront pas les choses en profondeur, bref le « système » tel que nous l’avons mis en place il y a environ 200 ans avec la révolution industrielle ne va pas changer au point de modifier de manière significative nos comportements et notre façon de vivre (que nous ne voulons pas trop changer dans les pays développés et que les contrées en développement aspirent à connaitre à leur tour…)

    On peut toujours s’amuser à établir x scénarios qui arriveraient à nous sortir du sable, je ne vois pas très bien en quoi cela nous aidera à trouver comment se sortir du pétrin dans lequel nous nous sommes fourrés. L’addiction à la drogue est quelque chose difficile à soigner, pour l’addiction à notre mode de vie c’est pareil.

    En fait la seule chose qui pourrait nous tirer peut-être d’affaire ce serait une pénurie de ressources fossiles qui arriverait très rapidement, cela stopperait nos émission en limitant la casse pour les générations à venir mais en induisant évidemment quelques conséquences sur notre confort moderne chéri.

    • Hubert Houdoy Reply

      Comme vous le faites remarquer, une telle étude ne pourrait être que financée par une instance mondiale pour une mise en oeuvre mondiale.
      Les 200 ans de la révolution industrielle sont responsables de l’émission de CO2 depuis que l’on brûle du bois puis du charbon dans les machines à vapeur puis du pétrole dans les moteurs à explosion.
      Mais il ne s’agit pas seulement d’une dépendance à un mode de vie comme à une drogue.
      L’absence de réaction collective vient d’une vision qu’Homo Sapiens Demens a de lui-même et du monde, en se croyant le centre du monde, sous prétexte qu’il est au centre de son champ de vision.
      Dans ses obstacles à la connaissances (« A la recherche de l’Univers invisible : Matière noire, énergie noire, trous noirs »), David Elbaz parle d’une illusion du cinquième type ou illusion narcissique, qui nous empêcherait de voir l’Univers et notre place comme ils sont.
      Outre l’accoutumance à un mode de vie addictif, il faudrait vaincre cet obstacle épistémologique. En effet, les scientifiques n’étant plus scientifiques que le reste de la population uniquement pendant les heures de bureau et surtout quand ils écrivent pour publier dans « Nature » ou « Science », en dehors des heures de bureau ils ne sont pas toujours bien placés pour expliquer la situation de l’humanité dans l’Univers.
      En gros, yaka commencer à voir les choses en face.
      Le reste suivrait (comme l’intendance).

  15. Michel BERNARD Reply

    2045 : La guerre nucléaire fait passer la population mondiale de 10 Gh à 5 Gh résolvant du coup l’impact anthropique du CO².. Ouf on est sauvé.

  16. Bonjour, il y a cette étude de l’Insee sur l’estimation macroéconomique de l’effort en points de PIB pour respecter les accords de Paris (https://www.insee.fr/fr/statistiques/4770128?sommaire=4770254). C’est très loin d’être un scenario détaillé de soutenabilité environnementale, mais ca pose déjà un niveau d’investissement rapporté au PIB, ce qui n’est pas rien, en plus d’adresser la question de l’équité intergénérationnelle.

  17. Olivier Givaudan Reply

    Comme l’a écrit Lucas, un point de départ (mais vraiment de départ) pourrait être les trajectoires socio-économiques partagées (Shared Socio-economic Pathways) du GIEC.
    Mais il me semble qu’il y a un problème de causalité / d’interaction avec ces scénarios : ils sont utilisés comme intrants (inputs) pour prédire le futur niveau des émissions des gaz à effet de serre, mais il ne me semble pas y avoir ensuite de boucle de rétroaction de ces niveaux d’émissions (et donc de concentration) sur ces trajectoires socio-économiques initiales…

    https://en.wikipedia.org/wiki/Shared_Socioeconomic_Pathways?wprov=sfla1

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